25 Sep 2020

>>> En Grèce et en Turquie, contre la guerre et la compétition entre les États

Un conflit armé au sein de l’Europe sur fond de course au pétrole est-il encore pensable en 2020 ?
Bien sûr, oui ! La ringardise a de l’avenir !
Nos élites, toujours à contre-sens de toute éthique et des aspirations collectives, organisent leur distraction sportive du moment : une petite guéguerre bien sale entre la Grèce et la Turquie. Attention coup de sifflet de début de match imminent !
Les anarchistes organisés des deux pays en lice signent un texte collectif lucide sur les intérêts bourgeois de toutes les guerres.


Déclaration commune contre la guerre, du DAF (Devrimci Anarşist Faaliyet/Azione Anarchica Rivoluzionaria) actif en Turquie et de l’APO (Αναρχική Πολιτική Οργάνωση/Organizzazione Anarchica Politica) active en Grèce, deux composantes de l’Internationale des Fédérations Anarchistes, dont font aussi partie entre autres la FAI, et la FA.


En Grèce et en Turquie, la compétition entre les États.


La solidarité internationaliste et de classes est la force des peuples.


Les pouvoirs politiques et économiques sont en train de mener une attaque globale sans précédent contre les peuples de la périphérie du capitalisme à travers des guerres, des opérations militaires, le renversement de régimes pour les remplacer par de nouveaux, dans le but de contrôler et d’exploiter tout ce qui vit et existe, toutes les communautés. Ce processus qui condamne des millions de personnes à la misère, à l’appauvrissement, à la maladie, et à l’exil, c’est ce qui rend possible l’accumulation des richesses dans les mains des élites économiques mondiales et la redistribution des équilibres géopolitiques des pouvoirs mondiaux entre pouvoirs globaux, régionaux, et locaux, dans un contexte de
compétitions inter-étatiques.

Dans le cadre de ce processus final de compétition entre états, entre la Grèce et la Turquie est en train de s’intensifier un affrontement et les préparatifs d’une guerre s’accélèrent.

Le but est d’établir la Zone Économique Exclusive pour l’exploitation des ressources énergétiques et le contrôle des routes du marché des énergies dans la mer Égée et dans la Méditerranée orientale.

En réalité il s’agit d’une reprise d’un affrontement qui ne date pas d’hier, et a connu divers niveaux conflictuels dans le cours du temps, et qui a pour but de servir les intérêts des patrons de la Grèce, de la Turquie, et des grandes compagnies d’extraction multinationales, et de partager le contrôle et l’exploitation de toute la région entre les organismes inter-étatiques qui exercent par ce biais leur compétition. La raison pour laquelle les pouvoirs capitalistes mondiaux, comme les USA, la France et les organismes militaires inter-étatiques, comme l’OTAN, apparaissent dans ce conflit à travers leurs efforts pour maintenir le plus important pouvoir militaire dans cette région hautement stratégique de la Méditerranée sud-orientale, vise à atteindre un équilibre des marchés de l’énergie plus avantageux par rapport à ce qu’il est actuellement.

Pour la Grèce sa participation active dans ce conflit à travers le déploiement des moyens guerriers dans la mer Égée marque la réaffirmation de son engagement auprès de l’UE et de l’OTAN, et de son rôle de gendarme pour leur compte sur toute la région. C’est la signification de la coopération politique militaire et énergétique avec l’Égypte, Chypre et Israël.

Pour la Turquie, l’implication sans équivoque dans les compétitions régionales – depuis l’invasion militaire et du contrôle du Rojava, jusqu’à la conclusion de l’accord entre la Turquie et le Gouvernement Libyen de Réconciliation Nationale, et le déplacement de sa flotte de guerre en Méditerranée – sont des manœuvres tactiques de grande importance dans le contexte de sa propre stratégie pour s’affirmer comme un puissant acteur régional dans les compétitions capitalistes au niveau mondial.

La durcissement du conflit dans la Méditerranée orientale offre à tous les états la possibilité de remettre à l’ordre du jour la question de Chypre, qui est un autre argument de contestation. F-16 et croiseurs se précipitent autour de Chypre ; et cela signifie que les peuples chypriotes sont exposés à l’agression des États.

Aussi bien l’État grec que l’État turc sont en train de promouvoir le nationalisme, l’intolérance et la rhétorique de la haine dans le contexte de leur croissante compétition. Leur objectif est d’imposer la peur au sein de leur société pour convaincre leur majorité sociale, qui est pillée et barbarement exploitée par l’État et les patrons, qui ont des intérêts communs avec les élites politiques et économiques qui la gouvernent.

Quant à nous, en tant qu’anarchistes des deux rives de la mer Égée, nous sommes bien conscients que la perspective d’une société de guerre, de misère et appauvrissement, de croissance du nationalisme et de fascisation sociale sera dévastatrice pour l’humanité. Nous sommes convaincus que la solidarité internationaliste et de classes entre les peuples, la contre-attaque organisée des classes exploitées et le renversement de l’ordre étatique et capitaliste au niveau global peut permettre les conditions nécessaires pour la création d’une société de liberté, d’égalité, de paix et de justice, sans exploitation, guerre et compétitions qui créent la confusion.

Relançons la lutte pour la Révolution Sociale, pour l’Anarchisme et le Communisme libertaire !

Devrimci Anarşist Faaliyet [Revolutionary Anarchist Action/Turkey] : https://anarsistfaaliyet.org
Αναρχική Πολιτική Οργάνωση – Ομοσπονδία Συλλογικοτήτων [Anarchist Political Organization – Federation of Collectives/Greece] : http://apo.squhttps://umanitanova.org/?p=12753athost.c

traduit de Umanità Nova qui l’a publié le 8 septembre sur son site : https://umanitanova.org/?p=12753